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Maison de l'Agriculture
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  26/1/2011
  Edito d'Eric Thirouin : Le prix de la viande doit augmenter

Eric Thirouin, président de la FDSEA d'Eure-et-Loir, réagit fasse aux échos de la presse sur la hausse du prix des céréales...

Le prix de la viande doit augmenter

La presse se fait en ce moment écho de la hausse du prix des céréales. Si on ne peut que s'en féliciter, surtout en comparaison de 2009, voici pourtant revenue la longue litanie de ces céréaliers qui jouent en bourse et font augmenter le prix de la baguette. Pire, certains prennent la facilité d'opposer une nouvelle fois grandes cultures et élevage puisque évidemment, le prix des aliments du bétail s'en ressent.


Ne pas se tromper de coupables

Ce n'est pas l'aliment du bétail qui est trop chère, c'est la viande qui ne l'ai pas assez !A entendre certains, pour que les éleveurs gagnent leur vie, il  ne faudrait pas que les céréaliers en fassent les frais ! Le fabricant d'aliment du bétail, l'abattoir,  l'industriel et  la grande surface, eux n'ont pas de problème. Lorsqu'ils sont confrontés à une hausse de leurs charges, ils les répercutent à leurs clients, et c'est normal. L'agriculture fait malheureusement exception à cette règle. Quand, indépendamment de sa volonté, le cours des matières premières s'envole, le céréalier devient coupable. Et l'éleveur, n'ayant pas la possibilité de répercuter la hausse sur le prix de sa viande, voit son revenu  condamné. Pour que chacun puisse vivre correctement, c'est le prix de la viande qui doit augmenter et non celui des céréales qui doit baisser.


Vers un partenariat céréales - élevage
Lors de ses vœux au monde rural la semaine dernière, le Président Sarkozy a plaidé pour une "nouvelle étape dans le bilan de santé de la PAC" dont l'objectif serait de "renforcer dès 2012 le soutien aux productions agricoles fragiles". Une fois de plus, il n'y comprend rien à l'agriculture. Plutôt que s'attaquer au problème du marché de la viande, il cherche, comme à l'époque de Barnier, à diaboliser les aides des grandes cultures.... Vous avez raboté les aides de 30% l'an passée, Monsieur le Président, visiblement cela n'a rien solutionné. Alors stop, ouvrez les yeux!

Le 1er problème c'est la distorsion de concurrence des charges. Il ne suffit pas de dénoncer les différences avec l'Allemagne dans tous vos discours, il faut les corriger de suite.

Le 2ème est l'impossibilité de répercuter le prix de la viande à l'abattoir et ensuite dans le reste de la filière.

Et pour finir, mais seulement à la fin, il nous faut trouver un moyen de gérer, par contrat entre autre, la volatilité des cours de l'aliment du bétail entre céréalier et éleveur. Un contrat gagnant-gagnant plutôt que le trop facile et malsain coupable-condamné.

Si, comme le fait Bruno  Lemaire, la contractualisation commence par l'écriture des contrats avant d'avoir organisé les producteurs, l'avancée se limitera à écrire qui doit perdre de l'argent pour faire vivre l'autre. En effet, le prix de revient du blé ne rejoindra jamais le prix admissible par l'éleveur étant donné le prix actuel des viandes.

Jacquerie

Je plaide donc pour une mobilisation massive, concerté, coordonnée, toutes productions confondues, et sur tout le territoire national, pour la revalorisation des prix de toutes les filières animales.

Et c'est donc tout naturellement, que je finirais mon propos en citant une partie du discours de Nicolas Sarkozy la semaine dernière:

« l’agriculture française ne s’est pas débarrassée de ses anciens maîtres, il y a deux siècles, pour que la mondialisation lui en donne de nouveaux. Je veux que vous réfléchissiez à ça.

La paysannerie française n’a pas brûlé mille ans de droits féodaux pour tomber sous le joug de diktats commerciaux! »

Si ce n'était pas les propos de notre propre président de la république je pense que je n'aurais pas osé le dire de peur d'être accusé d'incitation à la jacquerie !....



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