Le prix de la viande doit
augmenter
La presse se fait en ce moment
écho de la hausse du prix des céréales. Si on ne peut que s'en féliciter,
surtout en comparaison de 2009, voici pourtant revenue la longue litanie de ces
céréaliers qui jouent en bourse et font augmenter le prix de la baguette. Pire,
certains prennent la facilité d'opposer une nouvelle fois grandes cultures et
élevage puisque évidemment, le prix des aliments du bétail s'en
ressent.
Ne pas se tromper de
coupables
Ce n'est pas l'aliment du bétail qui est trop chère, c'est la viande qui
ne l'ai pas assez !A entendre certains, pour que les éleveurs gagnent leur vie,
il ne faudrait pas que les
céréaliers en fassent les frais ! Le fabricant d'aliment du bétail,
l'abattoir, l'industriel et la grande surface, eux n'ont pas de
problème. Lorsqu'ils sont confrontés à une hausse de leurs charges, ils les
répercutent à leurs clients, et c'est normal. L'agriculture fait malheureusement
exception à cette règle. Quand, indépendamment de sa volonté, le cours des
matières premières s'envole, le céréalier devient coupable. Et l'éleveur,
n'ayant pas la possibilité de répercuter la hausse sur le prix de sa viande,
voit son revenu condamné. Pour que
chacun puisse vivre correctement, c'est le prix de la viande qui doit augmenter
et non celui des céréales qui doit baisser.
Vers un partenariat céréales
- élevage
Lors de ses vœux au monde rural la
semaine dernière, le Président Sarkozy a plaidé pour une "nouvelle étape dans le
bilan de santé de la PAC" dont l'objectif serait de "renforcer dès 2012 le
soutien aux productions agricoles fragiles". Une fois de plus, il n'y comprend
rien à l'agriculture. Plutôt que s'attaquer au problème du marché de la viande,
il cherche, comme à l'époque de Barnier, à diaboliser les aides des grandes
cultures.... Vous avez raboté les aides de 30% l'an passée, Monsieur le
Président, visiblement cela n'a rien solutionné. Alors stop, ouvrez les
yeux!
Le 1er problème c'est la distorsion de concurrence des charges. Il ne
suffit pas de dénoncer les différences avec l'Allemagne dans tous vos discours,
il faut les corriger de suite.
Le 2ème est l'impossibilité de répercuter le prix de la viande à
l'abattoir et ensuite dans le reste de la filière.
Et pour finir, mais seulement à la fin, il nous faut trouver un moyen de
gérer, par contrat entre autre, la volatilité des cours de l'aliment du bétail
entre céréalier et éleveur. Un contrat gagnant-gagnant plutôt que le trop facile
et malsain coupable-condamné.
Si, comme le fait Bruno
Lemaire, la contractualisation commence par l'écriture des contrats avant
d'avoir organisé les producteurs, l'avancée se limitera à écrire qui doit perdre
de l'argent pour faire vivre l'autre. En effet, le prix de revient du blé ne
rejoindra jamais le prix admissible par l'éleveur étant donné le prix actuel des
viandes.
Jacquerie
Je plaide donc pour une mobilisation massive, concerté, coordonnée,
toutes productions confondues, et sur tout le territoire national, pour la
revalorisation des prix de toutes les filières
animales.
Et c'est donc tout naturellement, que je finirais mon propos en citant
une partie du discours de Nicolas Sarkozy la semaine
dernière:
« l’agriculture française ne s’est pas débarrassée de ses anciens
maîtres, il y a deux siècles, pour que la mondialisation lui en donne de
nouveaux. Je veux que vous réfléchissiez à ça.
La
paysannerie française n’a pas brûlé mille ans de droits féodaux pour tomber sous
le joug de diktats commerciaux! »
Si ce
n'était pas les propos de notre propre président de la république je pense que
je n'aurais pas osé le dire de peur d'être accusé d'incitation à la jacquerie
!....